Biotopes

Mangrove & Savane

Baie de Diego

 

L'environnement d'une saline

Les biotopes

Du point de vue biologique, les eaux douces et l’eau de mer constituent des milieux biologiques distincts ou biotopes, caractérisés par des associations d’espèces bien définies tant végétales qu’animales.

Par rapport à ces deux milieux fondamentaux, on trouve d’une part les eaux saumâtres (dont la salinité est intermédiaire entre l’eau douce et l’eau de mer), et d’autre part les saumures (dont la salinité est supérieure à celle de l’eau de mer) – ces  milieux particuliers où on trouve en général peu d’espèces, mais  des espèces très originales et parfaitement adaptées, sont parfois appelés « milieux confinés ».

Ainsi, les marais salants sont des milieux confinés où l’on peut observer plusieurs biotopes successifs au fur et à mesure de l’accroissement de la salinité. On peut ainsi distinguer quatre zones :

  • Zone 1 : zone des partènements littoraux

  • Zone 2 : zone des tapis algaires

  • Zone 3 : zone du dépôt de gypse

  • Zone 4 : zone du dépôt de la halite

Zone 1 ou zone des partènements littoraux

Elle correspond au domaine de concentration allant de 29g/l NaCl (d = 1,026 ou 3,6°Baumé) à 80g/l NaCl (d = 1,060 ou 8°Baumé). Le plan d’eau type en est le partènement dit de « La Vasière » ; les espèces animales et végétales sont les mêmes que celles que l’on rencontre dans l’eau de mer en particulier des carangues, des barracudas … et des algues vertes ou chlorophycées.

L’avifaune, c'est-à-dire les oiseaux, est abondante et variée, elle est constituée des prédateurs naturels des espèces de poissons, coquillages, annélides et insectes qui s’y trouvent – en particulier d’aigrettes et de hérons.

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Zone 2 ou zone des tapis algaires

Cette zone correspond aux partènements où la concentration varie de 80g/l NaCl ( d = 1,060 ou 8°Baumé) à 140g/l NaCl (d =  1,110 ou 14°Baumé). On y observe deux choses :

  • L’existence sur le fond d’une microflore benthique à Cyanophycées

  • La présence d’une macrofaune planctonique ou zooplancton à Artemia salina

Les Cyanophycées forment des tapis algaires qui font penser à une moquette naturelle qui tapisserait le sol. Ces microorganisme sont des procaryotes, et plus particulièrement des algues bleues ; ce sont des algues microscopiques fixées sur le fond des partènements et qui se présentent comme un tapis de filaments où chaque filament représente une colonie d’organismes attachés les uns  les autres à la queue leu leu. Les filaments bougent comme des flagelles, ils piègent entre eux des particules minérales en suspension dans la saumure et ils fixent le carbonate de calcium CaCO3. Le genre de Cyanophycées couramment présent est OSCILLATORIA.

Le tapis algaire est varvé, c'est-à-dire que chaque année, il y a une couche millimétrique supplémentaire ; ainsi, le dépôt fait penser à un gâteau de type « mille feuille ».

Artemia salina est un crustacé phyllopole (11 paires de pattes thoraciques en forme de feuilles) d’environ 1cm à la taille adulte. C’est le seul macro organisme régulièrement présent dans les lacs salés, chotts, sebkhas et marais salants du monde. Hormis cette adaptation extraordinaire à la salinité, il possède des caractères étonnants :

  • Aptitude à supporter des variations importantes de température de la saumure (de 0 à 30°c)

  • Existence de souches sexuées où on observe des mâles et des femelles, et de souches parthénogénétiques où tous les individus sont reproducteurs

  • Reproduction par ovoviviparité (expulsion des larves à partir d’un sac ovigère) ou par oviparité (ponte de cystes ou œufs de durée)

  • Grand intérêt en aquariophilie, mais surtout en aquaculture où d’une part les organismes séchés (biomasse) servent d’additif d’appétence de la provende, et où d’autre part  les cystes servent après éclosion à nourrir les premiers stades larvaires des crevettes

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Zone 3 ou zone de dépôt de gypse

Cette zone correspond aux partènements où se dépose le sulfate de calcium CaSO4, 2H2O allant de la concentration de 140g /l NaCl (d = 1,110 ou 14°Baumé) à 260 g/l NaCl (d = 1,216 ou 25,6° Baumé).

Elle est caractérisée encore par la persistance d’espèces planctoniques telles que le plancton Artemia Salina et diverses micro algues formant le phytoplancton ainsi que des  bactéries hyperhalophiles non pathogènes du genre Halobacterium, et sur certains marais salants du monde par l’abondance du phytoplancton Dunaliella salina qui colore les saumures en rose ou rouge à cause de la photosynthèse de ßcarotène.

Lorsque les saumures ne sont pas roses ou rouges à cause de la présence de Dunaliella salina, elles sont parfois légèrement teintées en vert à cause de la présence d’une algue verte hyperhalophile appartenant au germe Phormidium.

Le dépôt de gypse se présente sur le fond des partènements, sous formes de concrétions mamelonnées qui brillent au soleil quand on vide la saumure. Les cristaux de gypse cristallisent dans le système monoclinique avec macles dîtes « en fer de lance ». L’épaisseur du dépôt de gypse comprend en surface une partie en milieu oxydant, et en profondeur une partie en milieu réducteur où des micro organismes transforment le sulfate en sulfure pour donner une arène gypseuse.

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Zone 4 ou zone de dépôt de la halite

Elle comprend les surfaces évaporatoires des tables salantes et des réservoirs de saumure saturée, correspondant au dépôt de la « halite » ou chlorure de sodium et allant de la densité d = 1,216 ou 25,6° Baumé à d = 1,263 ou 30°Baumé.

Les plans d’eaux de cette zone sont caractérisés d’un point de vue biologique par la présence des mêmes associations phytoplanctoniques et zooplanctoniques que précédemment, sauf que les Artemia salina ne tolèrent pas ces salinité élevées – ils meurent mais avant cela produisent des œufs ou cystes qui écloseront à la prochaine saison des pluies.

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